Écrits et Poésies auteure Fanny Allemand

Écrits et Poésies

Veuillez découvrir quelques extraits de mes inspirations, mes écrits & poésies

 

 

Mémoire

L’écho des pierres, les murmures de vies éteintes, soufflent sur ma peau le poids des absences…
Chaque pas grave un souvenir, non pas dans ma mémoire fragile, mais dans ma chaise, soutenu d’une encre indélébile sur le papier blanc où j’inscris pour ne pas oublier…
L’amour, oui, ce souffle vital, ce battement indispensable à notre existence terrestre. Accueillir la vie, la voir s’effacer, la conserver en nous, l’oublier pour mieux la retrouver ; ce voyage initiatique, une spirale ascensionnelle vers le cœur de notre propre mystère.
Nous sommes poussière d’étoiles, un scintillement dans une immensité qui nous dépasse.
Croyez ou non, l’essentiel réside dans l’acceptation de nos mémoires, ces cadeaux précieux qui nous révèlent, pas à pas, notre vérité profonde. Comme un roman inachevé, toujours en train de s’écrire…
Fanny.A


 

Jouvence

Sensualité au plaisir d’une prière. A la lueur passionnée d’un instant écrit à la plume… Femme de joie, rajeunie par sa chaise dans un moment d’excitation intense. À toucher les étoiles , elle est plus belle qu’elle ne l’a jamais été . Bercée par ces flots, ces temps d’instants privilégiés où elle ne peut-être autre qu’elle même. Aucune barrière, aucune vague, elle tourne et contourne son corps. Joue de ses atouts, tirés, pointus, telle une danseuse céleste qui montre et démontre sa splendeur. Au-delà de ses courbes, on entrevoit son sourire. Un doux parfum de vanille enivre ses sens. Elle grimace, sue à des larmes chaudes, crépite et pétille de vitalité. Mère de la vie vêtue d’un si beau langage. Son chant résonne à travers les murs, rimant avec poésie et malice. La sculpture de l’âme en fusion d’amour, elle mêle caresses et baisers sans plus aucun repère. Magie furtive d’un corps en feu, gravant à jamais cet instant avec ses doigts délicieux. Glissés entre ses cuisses, effleurant l’excellence. Le mystère et la curiosité de l’esprit restent transparents. Nul ne saura jamais, comment d’une simple goutte, la pluie s’abat pour donner naissance à l’éternité. La jouissance secrète d’une femme aux rêves égarés…

Fanny Allemand


 

Racine

Parfum de lavande. Au-delà de ses collines de rocaille, on y aperçoit ses vents… Toi mon moulin, lieu des jeux de mon enfance. Envahie par tes sentiers menant à ta muraille, toujours droite est fièrement sur plongeant les eaux de ton barrage. Toi mon beau château, lieu de mes rêves d’enfant. Dévalant tes secrets, de la Catafau à la place du Marché. Toi mon village provençal, royaume de mes ancêtres.Mon père est Marcel , emblème de Pagnol et je suis sa fille Fanny… Je me rappelle, de mes leçons de théâtre, jouées sur ces terres d’ocre. Je rêvais d’être comédienne. Ma mère tenait la vieille station service du village, et toutes les parades commençaient par le vieux bistrot des platanes… Enfant, je rêvais de quitter ces campagnes, maintenant adulte, je rêve de m’y refuge. Chaque parcelle est un souvenir. Chaque pavé retrace les pas de ma famille… Je suis partie depuis si longtemps, mon chemin n’a pas été celui dont je rêvais. Le regard de mon père est tout ce qu’il me reste de son souvenir. Il brille à son tour sur les toits étoilés de ces merveilleuses campagnes. À toi mon beau moulin, en ce jour de souvenir. Où je ne peux être à tes côtés. Malgré tes ailes figées, tu continues à traverser le temps de nous vendre tes histoires…

Fanny Allemand


 

Recueil

Je me rappelle cette sensation… Le poids de mon corps flotte dans les airs, immobile, figé, … Telle une sculpture que l’on peut contempler. Chaque respiration opprimée me fait ressentir l’importance de mes poumons. Ils reposent sur ces cordes qui ne respectent qu’à un fil. Quelle plus belle expression que celle de qualifier la vie ? Une corde qui ne tient qu’à un fil… Je me rappelle cette sensation… Celle d’abandonner tout contrôle et de laisser ce qui nous tient de chair à quiconque voudrait en abuser. Ces moments-là ne sont pas primés par la peur, mais bien par le désarrois de la confiance. Ce sentiment qui n’est que foutaise quand vous savez que rien ni personne ne peut vous empêcher de tomber d’un précipice. L’égoïsme humain est la survie en chaque être vivant. Je me rappelle ce sentiment… Celui de la douleur au bout de quelques minutes qui surgit et qui s’échappe de votre corps, tel un poison absorbant par le vide. Ce creux vertigineux juste sous mon regard qui m’appelle et à qui je crache tout ce qui reste de mon esprit. Je me rappelle du calme… De ne plus rien entendre ni même sentir. Mon âme et mon corps, se sont dissociés et je me contemple affaiblie par mes efforts. Quelle triste image que celle de se voir brisée. Mon corps est nu, suant d’énergie qui s’échappe à travers la pièce. Des rideaux épais rouges ébènes recouvrent chaque fenêtre pour qu’aucune lumière ne vienne pénétrer le rite. Suspendue à ces cordes qui m’habillent le corps, je reflète la divinité. Mon souffle est coupé, mes veines ne coulent plus. Mon aura est pure. Je ressemble à un diamant blanc entouré de noir… Il est l’heure, l’heure de retrouver la raison, de revenir sur terre et de constater les faits. Je me rappelle être allongée sur le sol, à peine libre de mes chaînes que je viens de jeter. Je sens mon cœur battre, des marques un peu partout sur le corps pour me souvenir que je suis en vie. Et oui, je suis en vie ! Tout le mal est parti, il ne reste plus qu’un esprit saint, lavé de toute haine. Chaque châtiment à pour mérite d’offrir sa voyance. La mienne est celle qui me rappelle qui je suis..

Fanny Allemand


 

Promesse
“Dans la pénombre de l’église, seule la faible lumière des bougies dévoilait les prières silencieuses, de cœurs brisés emplis d’espoir, d’heureux reconnaissants et fidèles, déposant leurs flammes au pied de l’autel marbré de supplications…
Puis, un rayon de soleil, passant à travers un vitrail, inonda un banc de couleurs arc-en-ciel. Une révélation. Une vérité mise à nu dans la lumière divine. Ces couleurs, vibrantes et chatoyantes, reflètent la complexité de l’homme, dans sa beauté et dans toute sa fragilité. Chaque nuance, une facette de l’être, se dévoilant dans cette lumière. J’y vois une résilience silencieuse, une paix profonde née de l’acceptation de soi, et un espoir d’avenir serein, baigné d’amour et de partage. Dans cette immense bâtisse, je m’invite à rêver grand, à prendre de la hauteur, à transcender mes limites. Chaque pas me rapproche de cet avenir possible, inatteignable en apparence, pourtant à portée de main quand elle se joint à l’autre… Ce n’est pas une simple photo, c’est une promesse…”

Fanny.A


 
 
Être à Hauteur
Depuis la cime, le monde s’étend, tapis d’azur et d’or.
Racines profondes, ancrées dans le sol nourricier.
Le souffle monte, léger, un oiseau qui prend son essor.
Confiance en soi, force tranquille, sérénité entière.
Chaque hauteur conquise, un pas vers l’infini des cieux.
La terre, berceau sûr, riche en secrets et en mystères.
L’univers tout entier, reflet dans les yeux sereins.
L’harmonie des sphères, vibrant au cœur même des pierres.
La hauteur n’est pas fuite, mais ascension vers la lumière.
Un enracinement profond, dans la terre et le ciel unis.
L’épanouissement total, dans l’immensité de la vie.
L’âme, un arbre puissant, aux branches tendues vers les précieux.
Fanny Allemand

 
 
Amour
L’amour ne se choisit pas ; c’est lui qui nous choisit, peu importer les circonstances. Il apparaît sans prévention, sans tenir compte du moment, des différences d’âge, de distance, des conditions de vie ou même des implications émotionnelles….
L’amour dépasse l’attraction physique ou les qualités personnelles, se manifestant comme une connexion profonde et une force mystique. Il est indomptable et, une fois que l’on est touché par lui, le contrôle nous échappe…
L’amour réside en nous, il nous tourmente, même lorsque nous cherchons à nous en défaire… C’est lui qui s’empare de notre cœur et de nos pensées…
Et la choisi la plus sage à faire, c’est de l’accepter…
Reconnaître et accepter l’amour est primordial, car nous ne sommes pas en position de contester les choix de la Vie…
La seule chose qui nous appartient c’est le choix de décider de le vivre ou non, de le partager ou de l’ignorer, mais incontestablement il ne pourra être renier.
L’amour est ainsi fait, la vie,…
Un cadeau de l’univers qui fait battre notre cœur avant notre raison…
Qu’il en soit ainsi.
Fanny Allemand

 

Faites la Paix

“Le vent sifflait une mélodie glaciale, une prière inentendue dans la folie de la nuit. Tel une baffe imprévisible, elle était pourtant anticipée la veille par une poigne pressentie. Une vieille maison, c’était moi, blotti au creux de ma propre détresse, pardonnant la faiblesse d’être qu’un homme, de m’être laissé dégrader depuis toutes ces décennies. Une seule bougie éclairait son visage, le reflet d’un démon qui se consume, d’un géant intérieur qui implore en silence un peu de miséricorde. Les pages jaunies du livre étaient ses pensées, chaque mot une blessure, une supplication. Mais la douleur, comme un souffle pénétrant, le rappelait à la vie. Au lever du jour, le Bouddha, une promesse de guérison. Prosternée, une vieille âme appelle au soin, un pansement sur l’âme, un sourire fragile, un pardon… Le temps, le vent et ses mille couleurs balayeront ce qui doit l’être, laissant place à la lumière, à la paix intérieure d’être authentique…”
Fanny.A


 

Naufragée du temps

“Le temps, ce fleuve impétueux charriant les instants de ma vie comme les vagues de cette mer immense, laisse une empreinte indéfinissable sur mon âme de naufragée… Chaque seconde, fugitive et précieuse, s’ajoute à la solitude, à cette vaste étendue qui est aussi ma plus belle mémoire… L’instant présent, insaisissable, ressemble à un coucher de soleil, promis, un espoir difficile à saisir, dans l’immensité de la nuit… Cette tentative d’appréhender ma solitude, de nommer cet état de brisure, me confronte à l’espace du cosmos et à la fragilité de notre existence… Le temps vécu n’est pas linéaire, mais une durée riche et complexe, une succession d’états conscients qui s’interpénètrent et se transforment, comme les vagues qui s’écrasent sur la plage, effaçant et laissant leurs traces, coup après coup… Il ne s’agit pas de saisir un instant figé, mais de comprendre le mouvement même du temps et sa façon de façonner l’identité, de transformer un naufragé en un être nouveau… Le temps d’une vie, de passage, en pas sages… Ce processus de métamorphose incessante, cette inscription du vécu dans la mer de ma mémoire, soulève des questions fondamentales sur la nature de ma conscience et ma place dans cet univers infinie…
Mon sourire, aujourd’hui absent, se cache derrière les vagues, souvenir d’une peur, de blessures fêlées, attendant le retour du soleil pour réapparaître… Je suis brisée, oui, la solitude m’a enveloppé de ses flots, mais je ne me laisserai pas engloutir… Je la regarderai en face, avec la nuit et ses insomnies comme amis, à l’image de ces étoiles qui brillent tout là haut dans le ciel… L’aube viendra, j’en suis certaine. Je suis juste las, fatiguée par les variations, mes émotions, mais demain, le soleil se lèvera à nouveau, et je serai une meilleure version de moi-même, jusqu’à la prochaine traversé… Comme toujours…”
Fanny.A


 

Devant

Sur le quai, il se demandait. À quoi bon partir. Se travestir. Avec armes et bagages pourquoi tout quitter tout abandonner pour une quête que l’on n’a pas soi-même décidée. 

Au bout du fil de la gare. S’exclament quelques au revoir. C’est le cœur lourd au regard vif qu’il accomplira ce que Dieu attend de lui. Il est bien trop jeune pour donner sa vie. Il n’a pas le choix, il doit revenir. Il part. Le soubresaut de la micheline est une fracture, une fissure béante dans sa chaise. La peur, la haine et la tristesse s’intiment en lui comme des missives impérieuses et leurs mots sont simples. Survivre, rester ou fuir. Il s’imagine au champ de bataille se faire tuer. Perdre pied au milieu de ces terrains vagues inondés de cadavres. Cela ne peut pas, cela ne doit pas… Mais il n’a pas le choix, son destin est là. Puis la fumée des wagons. Encore noir de charbon. S’empressent à tout-va, de leurs derniers adieux…

Extrait d’un récit écrit par :Fanny Allemand & Nicolas Maretheu


 

Égard

Chaque matin rime au rythme des rituels. Elle se réveille, sans vue, sans voir…L’éveil des sens. Hors des couvertures, sa peau frissonne. Il résonne au loin le cri des oisillons. Tout juste sorti du nid qui attend leurs bectées. Ses pas vont en direction de la salle de bain. Tâtonnaient par des mains qui cherchent leurs appuis. Quelques rayons du soleil éclairent discrètement la pièce d’un halo. Le miroir reflète cet éveil. Peu importe l’apparence, le flou de son reflet lui laisse le choix d’être celle qu’elle souhaite. Après s’être vêtue des premières affaires venant à ses doigts. Elle s’agrippe à la rambarde des escaliers pour descendre pas à pas les marches. La cuisine a envoyé l’odeur agréable, d’un café tout juste coulé. Assise près d’une baie vitrée. La tasse chaude fumante au bord de ses lèvres. C’est le matin….

Extrait d’un regard Fanny Allemand 

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La “Mère” nageuse

Dans cette prison de vers je vie un véritable enfer.
Rien ne perçoit.
Rien ne transparaît.
Quand vous n’avez aucun sentiment en poche. Tout est synonyme de reproche.
Injuste est l’existence quand on vous pousse à vous sentir inutile.
Tu fais mal, tu poses mal, tu rimes mal, tu respires… mal.
Piller bien au centre, qui maintient toute stabilité. On oublie et ça dérange, mais s’il plie tout sera anéantie.
Gérer toutes les décisions, mais à quoi bon continuer ?
Si tout est si mal fait alors pourquoi l’exécuter ?
C’est là, la belle affaire d’avoir le rôle de celle à tout faire, mais qui ne peut rien y faire, car tout est tu par ces fers taire.
Si je tiens en vie dans cette histoire, c’est pour leurs petits yeux brillants d’espoir. Ne rien laisser paraître dans le cœur de ces petits êtres.
Et même si c’est imparfait, ils ne connaissent pas la vérité.
De leurs câlins, je me complais. Et je fume, et je fume à me dire que rien n’est a jamais figé…
Aveugle soit’il, dans ce monde qui ne tient malheureusement qu’à un fil…
Fanny Allemand


 

Pensée

“Pendant longtemps, j’ai cherché à satisfaire les attentes des autres, négligeant ma véritable identité. Puis, un jour, j’ai décidé d’emprunter mon propre chemin, celui qui résonne avec mon essence. J’ai redécouvert mes rêves oubliés, en prêtant attention à la douce mélodie de mon intuition. Chaque pas que je fais devient une danse avec mon cœur, un voyage quotidien vers la véritable authenticité. J’ai appris à apprécier la richesse de la solitude, à valoriser ma voix intérieure et à reconnaître l’importance d’établir mes limites.
Émerveillée par les petites choses de la vie, je laisse mes émotions s’exprimer librement et célèbre ma sensibilité comme une véritable force. J’apprends à faire confiance à la sagesse de l’existence, sachant qu’elle est mon alliée sur ce chemin de développement personnel. En accueillant mon unicité, je brille de ma propre lumière et en éprouve une reconnaissance profonde.
Ma nature est généreuse et présente pour les autres.
Les défis que je rencontre ne sont plus des obstacles, mais des opportunités pour une compréhension plus profonde, nous rassemblant tous dans notre humanité commune. Ensemble, nous avançons, guidés par l’espoir d’un monde que nous construisons à partir de nos rêves partagés.
L’avenir est imprévisible, et c’est cette incertitude qui rend tout possible. Chaque expérience, qu’elle soit joyeuse, apaisante ou difficile, nous enrichit.
Ouvrons nos cœurs, gardons confiance, quoi qu’il arrive. Rien n’est dû au hasard. Nous sommes là où nous devons être, à chaque instant est une rencontre. Certains moments sont uniques, d’autres s’inscrivent dans nos projets, nos rêves. Vivre pleinement l’instant présent, laisser nos émotions s’exprimer, voilà l’essentiel. Chaque jour, soyons meilleurs, plus aimants, plus bienveillants.
Soyons reconnaissants de la vie, de ce que nous construisons ensemble, de notre liberté, de l’amour que nous partageons, des leçons apprises, des causes qui nous unissent, des rêves réalisés, des amitiés nouées…
Prenons soin de nous, des autres, et avançons vers un avenir meilleur, en utilisant toutes les ressources à notre disposition. Donnons-nous le temps nécessaire, car il n’y a rien de plus précieux.
Prenez soin de vous.
Gratitude,
Fanny Allemand

 
 
D’un air à une symphonie.
“L’empathie est un pont suspendu au-dessus du gouffre des solitudes, un fil tendu reliant la compréhension entre les âmes. Hommes et femmes la tissent, chacun avec son propre fil, sa couleur unique, comme des cordes vibrantes d’un même instrument, vibrant à l’unisson.
C’est un mystère insondable, une danse silencieuse, qui ne s’explique pas par des mots mais ce ressens par les maux.
La compassion, elle, est la main tendue à l’autre à l’extrémité du pont, muée en un geste concret.
Pourtant, l’écorce des émotions peut tromper : un cœur de pierre peut se cacher derrière un sourire éclatant, tandis qu’un être taciturne peut abriter une source infinie de sollicitude.
L’empathie, est cette faculté de s’oublier pour ressentir l’autre, captant sa propre musique interieure qui résonne avec la notre. On peut comprendre la blessure sans ressentir l’appel de la guérison, comme un spectateur impassible devant le drame qui se joue. Non par incapacité mais par l’écoute d’un chef-d’œuvre qui s’écrit par les mains.
Ceux que l’empathie fuit errent dans un monde dénué de relief émotionnel où les sentiments d’autrui sont des hiéroglyphes incompréhensibles, une cacophonie de non dits. Les actes peuvent sembler froids, parfois même impitoyables, non par cruauté, mais par incapacité à sentir le poids de leurs conséquences.
À l’inverse, une personne douée d’empathie, mais dépourvue de compassion, peut manipuler les cœurs avec une précision glaçante, tel un marionnettiste jouant avec les fils invisibles de l’âme. La chirurgie de l’expérimentation à travers l’écoute tacite qui fait jouer son propre corps sur un air d’opéra macabre. Le double tranchant est que la retenue peut nuire aux relations intimes et à l’expression de l’empathie sous sa forme bienveillante, comme étouffant la partition des notes d’émotions.
Elle peut être déconstruite et casser le fil de la compréhension entre deux âmes qui ne se retrouvent pas, brisant l’accord parfait.
Pourtant l’expression est un aspect d’empathie au même titre que les autres, demandant simplement une approche beaucoup plus maîtriser. Tel un chef d’orchestre qui détient en ses mains une paire de ciseau ou une aiguille à coudre. Il déterminera avec l’action de sa voix, le chant de son ecoute, harmonisant ou non les silences et les notes.
L’empathie sans compassion est une puissance latente, un outil qu’il faut manier avec justesse. La compassion est le choix d’utiliser cet outil pour bâtir des ponts, pour panser les plaies, pour composer une nouvelle symphonie. C’est le choix de l’humanité, en somme, du partage, de le construction du commun en un chœur universel.
L’empathie est un kaléidoscope d’aspect.
Somatique, ce frisson qui nous traverse en écoutant la douleur d’un autre, cette sensation physique qui nous relie à sa souffrance.
Spirituelle, cette communion silencieuse qui nous unit à l’autre par-delà les mots, comme une prière murmurée au cœur de la nuit, une mélodie sacrée.
Compassionelle, ce désir ardent de soulager la souffrance, de panser les blessures, d’offrir un havre de paix, un refrain apaisant.
Pensons à cet ami silencieux qui, face à la douleur, offre simplement sa présence, un regard empli de douceur. Il ne noie pas l’autre sous un flot de paroles, mais partage en silence le fardeau, une forme de compassion incarnée. Son empathie se manifeste par une compréhension intuitive, un partage de la souffrance sans intrusion.
Pensons aussi à celui qui, face à la même épreuve, renvoie à l’autre ses propres expériences, ses propres réflexions. Il ne cherche pas à consoler, mais à provoquer une prise de conscience, une introspection. Son empathie s’exprime par une volonté de catalyser une force intérieure, de pousser l’autre à explorer ses propres ressources, de composer sa propre mélodie.
Ces deux approches, bien que divergentes, naissent d’une même source. L’une cherche à apaiser, l’autre à stimuler.
Dans son essence, l’empathie elle est une reconnaissance de l’autre dans sa totalité, avec ses fragilités et sa force. Une reconnaissance qui ouvre des voies par nos voix avec harmonie ou dissonance d’une multitude d’aspects …”
Fanny.A

 
 
L’Art d’Être Heureux, Dompter le Temps, Embrasser l’Instant.
“On a tous cette impression que le temps nous échappe, qu’il file entre nos doigts comme du sable fin. On se retrouve pris dans un tourbillon de choses à faire, de responsabilités, de ‘il faut que…” et au milieu de tout ça, on oublie parfois l’essentiel: s’arrêter, respirer, regarder autour de nous. Or, le bonheur ne se trouve pas dans cette course effrénée, mais dans les moments de pause où l’on prend conscience de la beauté de l’instant présent.
Ce qui est vraiment important, je crois, c’est de se rappeler que la vie est courte, incroyablement courte. Chaque seconde est précieuse, et c’est à nous de décider comment l’investir. On ne sait jamais ce qui peut arriver demain, alors il faut chérir chaque instant, chaque personne qu’on aime. Il faut oser faire ce qui nous fait vibrer, ce qui donne du sens à notre existence.
Le passé, on ne peut pas le changer. Il faut l’accepter, en tirer des leçons, et puis le laisser derrière nous. Le futur, on ne peut pas le contrôler. Alors, autant se concentrer sur le présent, sur ce qu’on peut faire ici et maintenant pour être heureux, pour rendre les autres heureux. C’est dans l’ici et maintenant que réside notre pouvoir de créer le bonheur.
Vivre pleinement, c’est peut-être ça, le vrai défi. C’est choisir d’être présent, d’être conscient, d’être reconnaissant pour chaque petit bonheur. Le cultiver au quotidien, c’est par exemple commencer chaque matin par un sentiment de gratitude de vivre une nouvelle journée. C’est aussi apprécier chaque repas et être reconnaissant de ce que l’on est, et de ce qui nous est donné d’expérimenter autour de nous, car en réalité nous possédons rien, nous ne pouvons que juste apprecier les cadeaux de la vie.
Dans les moments difficiles, c’est chercher les petits rayons de lumière, les sourires de ceux qui éclairent les zones d’ombres, recevoir l’amour de nos proches. Et le soir, faire le bilan des moments de gratitude vécus, prendre un instant dans le silence en étant reconnaissant de l’enseignement de la journée passée.
C’est aussi semer des graines de gratitude autour de soi, car chaque sourire, chaque mot gentil, chaque geste d’amour est une étincelle de bonheur qui illumine le monde.
C’est aimer, rire, pleurer, ressentir, pardonner, écouter, grandir… C’est tout simplement, vivre. Et en vivant pleinement chaque instant, on cesse de subir le temps, pour en devenir l’artisan.”
Fanny.A

 
 
L’Oiseau Papillon
“Dans le jardin de nos vies, des fleurs diverses s’épanouissent.
Chacune unique, un parfum rare et doux.
Des chemins parfois divergents, des paysages changeants.
Des visions qui s’éloignent, s’insurgent, mais dans le creux d’une épaule aimée, l’essentiel se révèle, idée après idée, rêve après rêve.
Ensemble, nos différences forment un tout, une essence, un panorama rempli de couleurs.
Dans la joie, dans les pleurs,
notre bonheur, tous ensemble, d’une seule est même voix, d’un seul est même corps, c’est comme un baiser tendre qui bat aux cœurs à l’unisson, à l’abri d’une montagne.
Les adaptations, un défi constant, pas après pas.
Parfois semble impossible, un moment déconcertant, mais soudain, un oiseau papillon surgit et illumine.
Prouvant qu’ici, nos cœurs cheminent. Dans ce lieu sacré est notre place, notre plus belle grâce face à l’immensité.
Dans chaque regard, une histoire, dans chaque étreinte, une victoire.
À jamais liés, nos vies, notre plus beau jardin fleuri de souvenirs, de mots, de promesses, où butine l’oiseau papillon par des milliers de baisers qui veille sur nous.”
Fanny.A

 
 
Grandir
“Et puis un jour, on réalise qu’on a souvent porté des charges qui ne nous apartenaient pas, telles que les attentes et les silences des autres… On comprend qu’il est essentiel de lâcher ce qui est trop lourd, de prendre soin de soi et de dire stop, pour ouvrir une nouvelle page de notre histoire… On comprend que tout ceci n’est qu’un apprentissage pour continuer à voir au-delà de ce que nos yeux nous permettent de voir. De voir avec notre cœur…
Grandir, c’est apprendre à laisser partir ce qui ne nous appartient pas pour retrouver notre équilibre. Grandir, c’est comme tourner les pages d’un livre dont on écrit soi-même la suite. Grandir, c’est apprendre à lire entre les lignes du monde. Grandir, c’est se construire une bibliothèque intérieure remplie d’expériences. Grandir, c’est choisir les mots qui composeront le récit de sa vie. Grandir, c’est un roman d’apprentissage sans conditions. Grandir c’est aimer inconditionnellement.
Grandir, c’est découvrir qu’il existe autant de genres littéraires qu’il y a de cœurs. Grandir, c’est apprendre à déchiffrer les poèmes que l’autre a écrits sur sa peau. Grandir, c’est co-écrire une histoire où chaque mot est un serment et chaque silence, une promesse. Grandir c’est partager sans limite. Grandir, c’est voir les classiques se transformer en souvenirs précieux. Grandir, c’est réaliser que chaque instant est une page unique dans l’anthologie de notre vie. Grandir, c’est devenir soi-même une bibliothèque vivante, riche d’histoires à raconter…. Grandir c’est reconnaître la gratitude. Grandir c’est sans fin…”
Fanny.A

 
La Boussole 
“L’horloge tisse, en fil d’ombre et de lumière, la trame où nos mémoires prennent racine.
Chaque instant est un sceau, doux, bienheureux, ou chagrin de désespoir, sur la cime de notre âme qui s’émancipe dans l’immensité de ce monde.
Bâtisseurs fragiles et humbles marionnettes, nous dressons l’édifice de notre passé avec l’ancre de nos veines, laissant derrière nous une empreinte indélébile qui marbre à jamais le temps de notre passage.
Comment choisir les pierres, les couleurs, les reflets, pour que l’avenir en soit une douce conquête ?
Écouter son cœur, cette boussole clandestine, qui bat coup par coup, qui connaît le chemin, les échos lointains de ces mémoires qui nous amènent là où nous devons être.
Même dans les nuits noires de tempêtes, elles nous guident vers les jardins sereins d’un avenir meilleur, méconnu mais toujours différent de ce qui est déjà connu. Plus le temps passe et plus les émotions sont puissantes, et elles nous forcent à cette évidence d’un hasard qui n’en est plus un, car la maturité nous a attrapés, fiers de pouvoir enfin commencer à vivre en honorant les témoins.
Car au bout du voyage, quand le corps s’efface, seuls les souvenirs dansent, comme des étoiles immortelles.
Alors, vivons chaque minute, avec foi et grâce, pour que notre histoire soit la plus belle des nouvelles qui s’inscrit à jamais dans ce merveilleux ciel étoilé des mémoires.”
Fanny.A

 
Elle a mille raison.
“Soleil voilé, secrets chuchotés, parfums de pluie sur terre brûlée. Une promesse brisée, un amour perdu, un chemin semé d’embûches. Son cœur bat fort, un étrange mélange d’espoir et de désespoir… Ciel gris, pluie acide, souvenirs en cendres, l’amertume colle à ses lèvres. Promesse fanée, amour à moitié dit, un chemin de croix, le cœur à vif…  Mais une flamme vacille, fragile espoir, un écho de vie qui tente de survivre. Miroirs brisés, reflets déformés. Elle a cherché la paix, dans les profondeurs de l’être, mais les fantômes reviennent sans cesse… Le vide, la menace, une peur qui tenaille. Puis, une lueur nouvelle. L’aube se lève, brisant l’obscurité, une lumière perce les cœurs blessés.  Mille étoiles filantes, espoir et vérité, une histoire à écrire, à préserver. Mille étoiles scintillent, mille rêves en elle, un bonheur qui se dessine dans le creux de ses rêves… Elle aimera, un cœur partagé, même si le chemin est tortueux, pour enfin trouver la paix. Et elle attend, par mille raisons de vivre ou d’y rester… Aurores boréales, ciel flamboyant, reflet des larmes versées. Elle a cherché la vérité, dans les miroirs brisés de son passé. Mille raisons de vivre mais une seule… Main douce, rêve fragile, voix qui murmure, une promesse au bord du silence. Mille cris, mille fuites, baisers volés, nuits secrètes, échos d’un désir inavoué. Couleurs à partager, un horizon immense, mais le temps qui paralyse… Perdre ce délicieux espoir, ce fragile équilibre. Un souffle chaud, regards murmurés, un lien indéfectible, à jamais scellé. Ces instants volés, échos d’une tendresse inscrite, véritablement sentie. Malgré les obstacles, malgré la douleur, elle combats les démons, pour protéger et construire un avenir meilleur…”
Fanny.A

 
 
Vivre
“Une tasse de café refroidit entre mes doigts, la vapeur s’est dissipée comme mes espoirs parfois… Derrière la vitre, le monde des vivants, continue, indifférent à mes angoisses… Serait-ce le dernier lever de soleil que je contemple ? Cette question, c’est un refrain lancinant qui m’accompagne chaque matin… Je vis dans un entre-deux, une sorte de veille consciente où la beauté du monde, les rires d’enfants, la chaleur d’un amour partagé et la splendeur d’un simple coucher de soleil, se mêlent à une peur sourde, profonde :
celle de la nuit qui m’effraie… Le noir avance, insidieux, comme une ombre qui grignote ma vue… Mon cœur, un oiseau apeuré qui bat parfois avec une telle violence que je crains qu’il ne s’arrête ! Une mort non choisie, une fin brutale ? Non, je veux choisir. Je veux connaître la vieillesse, les cheveux blancs, le temps qui sculpte mon visage, voir mes enfants vieillir à leur tour…
J’ai trente-trois ans, une vie devant moi, et pourtant… Il y a des jours où l’absurdité de tout cela me submerge… Et puis, une autre pensée jaillit : la chance immense d’être en vie, d’écrire mon histoire, ma propre vérité, de transmettre… Même si je ne vis peut-être pas pour voir tous mes rêves se réaliser, l’espoir persiste, tel un fragile brin d’herbe poussant à travers le béton où encore ce coquelicot seul dans des champs… C’est dans cet espoir, dans cette fragile lumière, que je trouve ma force, à laube après chaque éveil…”
Fanny.A

 
 
Comme toujours.
“Le temps, ce fleuve impétueux charriant les instants de ma vie comme les vagues de cette mer immense, laisse une empreinte indéfinissable sur mon âme de naufragée… Chaque seconde, fugitive et précieuse, s’ajoute à la solitude, à cette vaste étendue qui est aussi ma plus belle mémoire… L’instant présent, insaisissable, ressemble à un coucher de soleil, promis, un espoir difficile à saisir, dans l’immensité de la nuit… Cette tentative d’appréhender ma solitude, de nommer cet état de brisure, me confronte à l’espace du cosmos et à la fragilité de notre existence… Le temps vécu n’est pas linéaire, mais une durée riche et complexe, une succession d’états conscients qui s’interpénètrent et se transforment, comme les vagues qui s’écrasent sur la plage, effaçant et laissant leurs traces, coup après coup… Il ne s’agit pas de saisir un instant figé, mais de comprendre le mouvement même du temps et sa façon de façonner l’identité, de transformer un naufragé en un être nouveau… Le temps d’une vie, de passage, en pas sages… Ce processus de métamorphose incessante, cette inscription du vécu dans la mer de ma mémoire, soulève des questions fondamentales sur la nature de ma conscience et ma place dans cet univers infinie…
Mon sourire, aujourd’hui absent, se cache derrière les vagues, souvenir d’une peur, de blessures fêlées, attendant le retour du soleil pour réapparaître… Je suis brisée, oui, la solitude m’a enveloppé de ses flots, mais je ne me laisserai pas engloutir… Je la regarderai en face, avec la nuit et ses insomnies comme amis, à l’image de ces étoiles qui brillent tout là haut dans le ciel… L’aube viendra, j’en suis certaine. Je suis juste las, fatiguée par les variations, mes émotions, mais demain, le soleil se lèvera à nouveau, et je serai une meilleure version de moi-même, jusqu’à la prochaine traversé… Comme toujours…”
Fanny.A

 
 
Et puis on s’en fout !
“Je marche, pour me voir, un peu plus chaque jour, m’aimer, t’aimer, le reste, un souffle, un parcours, et puis, on s’en fout !
Le temps file tel un torrent que je marbre en ces mots pour le saisir, à cet instant présent. Tes yeux, un miroir où l’instant se précise, je prends le temps, je me regarde, te regarde, je sais, dans le fond de tes yeux, que c’est un moment gravé, comme une photo où l’émotion est capturée.
Je marche, libre, guidée par une douce voix, des êtres aimés disparus, et mes vies d’avant, qui veillent sur ma chair et tracent mes choix. Un murmure, une main tendue, un apaisement, un pardon chuchoté, une voix qui ne crie plus mon nom mais qui l’écrit dans ces parfums que je respire au gré des kilomètres. Je pense à toi, dans un silence apaisant, je revois mes rêves et mes souvenirs, ce chemin parcouru vers un futur serein méconnu. Je marche, pour effacer mes peurs, oublier le mal, ce monde est si cruel, il m’a tout pris, mais m’a permis de donner la vie, un cadeau divin dans cet idéal qui m’inspire, que je construis et qui me hisse. Aimer simplement, au-delà de tout malheur, le bonheur est partout, même dans les jours sombres, nuancé de blanc et gris. Les ombres s’éclairent peu à peu, au-delà des choix, l’amour, notre seule voie, telle une lumière pure qui éclaire notre âme face au néant. Je vois l’amour dans ton sourire, un éclat, je l’entends dans mon cœur, un rythme constant, peu importe l’instant, nos pensées dessinent un monde rêvé, un avenir lointain que nous vivrons certainement jamais. Cet éclat, enfoui sous des vies vécues, brille dans le regard d’un enfant, un espoir qui nous permet de marcher sans jamais nous arrêter, ensemble, main dans la main, dans l’éternité guidé par nos pensées qui elles savent et vivent à travers nos pas.”
Fanny.A

 
Cher journal,

Je t’écris parce que me taire serait consentir. Parce que le silence, ici, entre les mots, n’est pas de la paix : c’est une complicité.

Je n’écris pas pour comprendre,
j’ai compris depuis longtemps.
J’écris pour ne pas me trahir,
pour ne pas me rendre docile,
pour ne pas laisser la fatigue gagner ce qu’il me reste de vivant.

Le monde n’est pas brisé.
Il est parfaitement fonctionnel.
La violence y est organisée.
La misère y est planifiée.
Rien n’est laissé au hasard.

La pauvreté n’est pas un échec.
C’est un modèle économique.
Une structure rentable.
On affame les consciences en nourrissant les corps jusqu’à l’abrutissement.
On gave,
on distrait,
on anesthésie,
pour que plus personne n’ait la force de poser les bonnes questions.

La faim existe encore.
Et qu’on cesse de parler de fatalité.
La terre pourrait nourrir tous les ventres.
Mais le partage dérange ceux qui possèdent trop.
Alors on laisse mourir lentement.
On appelle ça des chiffres.
Des statistiques.
Des dommages collatéraux.

On ne meurt plus d’un coup.
On s’éteint.
Dans un monde obscène qui jette chaque jour plus de nourriture qu’il n’accorde de dignité.
Même sous les lumières criardes des vitrines,
des corps se vident,
et personne ne se sent coupable
tant que la misère reste discrète,
rangée,
supportable à regarder.

On nous vend des poisons propres,
testés,
validés,
autorisés.
Puis on nous vend la peur,
puis les pseudo-remèdes pour calmer cette peur.
La douleur n’est pas éradiquée :
elle est exploitée.
La maladie est un marché.
La guérison : un privilège.

Les autres apprendront à tenir.
À supporter.
À survivre sous perfusion.
Et à dire merci.

On m’a parlé de liberté.
Surtout aux femmes.
Mais ce qu’on nous appelle liberté
ressemble à une cage repeinte.
On nous donne l’illusion du choix
dans un cadre verrouillé.
On nous félicite d’être « libres »
tant que nous restons productives, désirables,
silencieuses.
Et quand nous étouffons,
on appelle ça une fragilité personnelle.

Tout est truqué.
Les règles,
les chances,
les issues.
Les puissants gagnent même quand ils perdent.
Les autres maintiennent la machine en marche
et appellent cela une vie.

On met des enfants au monde
avec l’espoir inconscient
qu’ils répareront ce que nous avons laissé pourrir.
On les charge dès la naissance
d’un monde déjà condamné.
Et on ose parler d’avenir.

Parce qu’au cœur de cette violence organisée,
il y a eux.
Toujours eux.
Les enfants.

Ceux que la justice regarde sans voir.
Une justice qui communique,
qui promet,
qui affiche des valeurs,
pendant qu’elle protège les monstres derrière des délais,
des procédures,
des silences épais comme du béton.

Des milliers d’enfants violés, détruits,
brisés.
Réduits au mutisme par la peur,
la honte,
l’abandon.
Leur douleur ne rapporte rien.
Alors elle est étouffée.
Classée.
Enterrée.

Les associations crèvent.
Pas par manque de volonté,
par manque de moyens.
Celles qui voient vraiment,
qui protègent réellement,
qui restent quand tout le monde détourne les yeux,
ne sont jamais assez grandes
pour jouer aux jeux obscènes des budgets blanchis.
Elles réparent à mains nues
pendant que d’autres s’enrichissent sur la destruction lente.

On affaiblit les enfants dès l’école.
On vide l’éducation de son sens.
On ne transmet plus la pensée,
on forme de la docilité.
Des corps utiles.
Des esprits rentables.

Même la planète est traitée comme un cadavre exploitable.
On extrait jusqu’à l’os.
On pollue jusqu’à l’asphyxie.
On détruit en pleine conscience.
On appelle ça : le progrès.
Moi j’appelle ça un crime à retardement.

Tout cela fatigue les peuples.
Pas physiquement.
Moralement.
On les épuise pour qu’ils ne se soulèvent plus.
On les abrutit pour qu’ils ne regardent plus.
On les divise pour qu’ils ne s’unissent jamais.

Plus rien n’est sacré.
Ni le vivant.
Ni l’enfance.
Ni la dignité.
Tout a un prix.
Et ce qui ne rapporte pas
est sacrifié.

Et pourtant,
je refuse de devenir un bloc de glace.

Parce qu’il nous reste le choix de l’amour.
Pas celui qu’on marchandise.
Celui qui ressemble à une rose.
Vivante.
Indocile.
Pleine d’épines.

Une rose qu’on tente d’écraser,
de couper,
de rendre décorative.
Mais qui continue de pousser dans la terre sale.
Autour d’elle volent les papillons gris,
ceux de la peur,
de la colère,
de l’épuisement.
Ils sont lourds.
Ils collent à la peau.
Mais ils prouvent une chose :
je ne suis pas morte à l’intérieur.

Il existe encore des êtres
qui aiment sans dominer,
qui protègent sans posséder,
qui refusent de fermer les yeux.
Ils ne sauveront pas le monde.
Mais ils empêchent l’inhumain de gagner partout.

La raison seule mène au désespoir.
Elle voit trop clairement l’horreur du système.
Mais un cœur encore vivant refuse de s’y soumettre entièrement.
Il y voit la beauté même cachée.

N’oublions jamais.
Rester humains dans un monde qui organise l’inhumain
est un acte de désobéissance.

Protéger la rose.
Laisser voler les papillons gris sans les nier.
Refuser la docilité.
Refuser l’oubli.

Ce n’est pas de la faiblesse.
C’est une ligne de front.

Garder la foi,
dans un monde qui s’acharne à ruiner chaque espérance,
ce n’est pas attendre des jours meilleurs.
C’est habiter pleinement celui-ci.

C’est choisir le présent comme on choisit une position de résistance.
Extraire de chaque seconde ce qu’elle a encore à offrir de vivant,
même minuscule,
même fragile.

C’est avancer sans promesse,
sans garantie,
mais avec cette certitude nue :
aimer,
ici et maintenant,
est déjà une victoire.

Et peut-être qu’un jour,
en se retournant sur ces années traversées
sans se renier,
sans se vendre,
sans s’éteindre,
on pourra se dire,
dans un souffle calme et sans amertume :

Je l’ai fait.
Pas par naïveté.
Pas par aveuglement.
Mais par amour.

Fanny. A
 
 
 

Citations